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 Libération : PMA et Oedipe 05/07/2017

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Lezzie
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MessageSujet: Libération : PMA et Oedipe 05/07/2017   Dim 9 Juil - 22:01

http://www.liberation.fr/debats/2017/07/05/pma-pas-de-pere-pas-d-inquietudes_1581806


Libé a écrit:
Tribune
PMA : pas de père, pas d’inquiétudes
Par Geneviève Delaisi de Parseval, Psychanalyste — 5 juillet 2017 à 18:36

La fonction paternelle est sans doute indispensable pour que puisse fonctionner le complexe d’Œdipe, mais rien ne dit que ce rôle doit être assumé par un homme.

Dans la houle des débats suscités par l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), un thème surnage, un serpent de mer depuis l’origine de la procréation médicalement assistée (PMA), en 1972 : la question de la supposée absence de père qu’encouragerait ou préconiserait l’extension de la PMA avec sperme de donneur anonyme à des couples de femmes ou à des femmes seules. «Une légitime inquiétude» titre la Croix dans son édito du 28 juin. Et le chroniqueur de déplorer la naissance d’«enfants de père non identifié», insistant sur le fait que, chez les couples hétérosexuels infertiles il y a, à tout le moins, un père «social». Tandis que dans les couples de femmes, et - pire - chez les femmes seules, les enfants conçus par insémination par sperme de donneur souffriraient de carence paternelle sur fond de déficit de soin et d’amour.

Insistons sur un point essentiel qui concerne toutes les inséminations par donneur anonyme tant chez les hétéros, que chez les homos, c’est le suivant : le donneur de sperme n’est aucunement un père. Un père, c’est un homme qui a désiré un enfant, qui l’attend, que la loi nomme, compagnon de la mère le plus souvent. Il n’y a pas à mettre de guillemets à «père social» car il n’y a qu’un seul père, même en insémination artificielle avec don de sperme (IAD). Quant à la souffrance qu’expriment nombre de jeunes adultes conçus grâce à un don de sperme, elle n’est pas liée au fait de ne pas connaître leur «vrai père», mais au refus de la loi française du droit à connaître leur origine.

Ces jeunes ne cherchent pas un père ; mais pour pouvoir se construire, ils veulent savoir qui est leur géniteur. Ils souffrent souvent en outre - en tout cas dans l’IAD chez les couples hétérosexuels - du mensonge sur les circonstances de leur conception. Il n’en va évidemment pas de même chez les enfants conçus par don de sperme chez des couples de femmes ou chez les mères célibataires car le recours à la PMA ne peut être caché.

Peut-on craindre que les PMA avec des tiers procréateurs (les donneurs de sperme pour les couples de femmes homosexuelles) soient des situations «à risque psychique» ? Remarquons qu’avant la PMA avec don de sperme, le tiers entre la mère et l’enfant était un seul «homme père» qui était tout à la fois géniteur, père de la grossesse, père légal et social. Désormais ce tiers peut être un autre parent que le parent géniteur et légal, il peut même être un deuxième parent du même sexe. Il arrive aussi qu’il soit incarné par la loi (le juge) ou encore par un référent social. Pour la psychanalyse, l’essentiel est que puisse fonctionner le complexe d’Œdipe, c’est-à-dire la triangulation de la fonction paternelle au terme d’une dynamique structurante marquée par un déplacement des investissements affectifs sur un autre personnage que la mère. Mais rien ne dit que cette fonction doive nécessairement être assumée par un homme. Il n’existe pas, pour la psychanalyse, de définition du «bon parent». Nous n’avons heureusement pas, dans les sociétés démocratiques, à délivrer de «tampon de parentalité».

Les tragiques faits divers contemporains de maltraitance montrent que les victimes sont des enfants de parents hétérosexuels, mariés ou concubins. Mais ce que peut faire une société, pour peu qu’elle ait à donner son aval à la venue au monde d’un enfant (notamment aux détours des diverses demandes de PMA), c’est de se placer, avec sa palette de spécialistes, du côté de l’enfant.

Il existe un principe éthique fondamental qui consiste à se soucier du bien-être des générations futures. On peut et on doit se demander quels sont les besoins fondamentaux d’un enfant pour qu’il ne devienne pas «à risque psychique» ; risque qui ne se décline pas à l’aune de la sexualité des adultes qui l’ont engendré (parents et tiers procréateurs). Avec un tel souci éthique, un enfant d’une mère célibataire devrait pouvoir grandir sans risque psychique supplémentaire.

Geneviève Delaisi de Parseval Psychanalyste

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